Le Centre africain de lutte contre le tabagisme a réuni la première conférence sur le tabagisme en Afrique. Questions au Dr Modou Njai, membre de son Conseil d’Administration.

Quel est le rôle du Centre africain de lutte contre le tabagisme ?

Le Centre africain de lutte contre le tabagisme (Centre for Tobacco Control in Africa) a été créé en réaction à la progression du tabagisme en Afrique, surtout parmi les jeunes, pour aider les pays africains à mettre en œuvre les lois qu’ils ont adoptées pour lutter contre le tabagisme. On estime qu’un adolescent sur cinq fume en Afrique et l’OMS prévoit un doublement de la mortalité due au tabac. Dans mon pays, la Gambie, 44 % des décès sont dus à des maladies non transmissibles et le tabac joue un rôle important dans un grand nombre de ces maladies.

Le centre a réuni en octobre la première conférence sur le tabagisme en Afrique et s’est structuré à cette occasion avec la nomination de différents comités.

Quelles mesures le centre encourage-t-il ?

Les mesures à adopter ont été abondamment discutées pendant la conférence et les pays présents se sont tous engagés à appliquer le Tobacco Control Act. Parmi les mesures que soutient le centre figurent les règles imposées aux informations et images figurant sur les paquets de cigarettes et l’interdiction du tabac dans tous les établissements scolaires. Nous travaillons avec les pays sur leurs politiques anti-tabac, par exemple l’établissement de taxes élevées sur les cigarettes pour limiter leur utilisation.

Un aspect important et spécifique à la lutte contre le tabac en Afrique est d’aider les producteurs de tabac, qui sont nombreux dans certains pays, à trouver d’autres sources de revenus. C’est le rôle d’un programme appelé Alternative Livelihoods. Le Centre africain pour le renforcement des capacités (African Capacity Building Center) est notre principal partenaire dans l’appui aux pays.

Le Dr Modou Djai est Directeur de la promotion et de l’éducation à la santé, au ministère de la Santé de Gambie et président du Technical and Information and Communication Technologies Committee du CTCA.

Interview recueillie par Bernard Seytre, SFMTSI